Plus d’un Français sur deux s’informe désormais sur YouTube, les médias suivent
Presse, radios et télévisions y ont déjà pris place, mais cette présence massive des médias sur la plateforme suscite aussi des critiques sur la concurrence.
En bref
- Plus d’un Français sur deux utilise YouTube pour s’informer, selon Le Figaro.
- 84 % des entreprises françaises de médias gèrent au moins une chaîne, d’après la filiale de Google.
- Des acteurs dénoncent des distorsions de concurrence liées à cette présence.
Rajeunir son audience oblige les médias traditionnels à aller là où les jeunes se trouvent déjà, et ce terrain a un nom. D’après Le Figaro, les groupes de presse, de radio et de télévision considèrent désormais la plateforme américaine comme un passage obligé. Ce mouvement ne fait pourtant pas l’unanimité.
Une plateforme que les rédactions ne peuvent plus ignorer
Le point de départ tient aux habitudes du public. Dans son article du 14 octobre 2026, le quotidien indique que plus de la moitié des Français se servent à présent de YouTube pour suivre l’actualité. Le service revendique 43 millions d’utilisateurs en France métropolitaine, un auditoire que les rédactions peuvent difficilement laisser à d’autres. Pour les médias, il devient de plus en plus délicat de tourner le dos à cet espace d’origine américaine.
Justine Ryst, directrice générale de la plateforme en France, décrit un secteur où les familles de médias se retrouvent au même endroit : « Aujourd’hui, tous les acteurs de la filière média, télévisions, radios, acteurs du print, sont sur YouTube ». Elle ajoute : « L’hybridation des contenus est devenue la norme face à la révolution des usages. »
Télévision, radio et presse écrite n’y viennent donc plus par simple opportunité. Leurs contenus cohabitent sur un même espace, ce qui brouille les frontières qui séparaient autrefois ces métiers. Le Figaro présente cette présence comme devenue incontournable pour la presse, les radios et les chaînes de télévision.

Une adoption presque générale chez les médias
La filiale de Google, dont le quotidien rapporte les données, chiffre l’ampleur du phénomène.
Ce second résultat réunit deux usages : diffuser des contenus et en tirer des recettes. Une chaîne YouTube cesse ainsi d’être un simple relais promotionnel pour devenir, aux yeux de ces entreprises, un espace de diffusion à part entière et une source de revenus qu’elles jugent importante.
Justine Ryst replace cette évolution dans une dynamique plus large : « Nous vivons un moment d’accélération de cette révolution créative. »
Rajeunir l’audience, au prix de tensions sur la concurrence
Le moteur de ce mouvement est d’ordre sociologique. Les médias traditionnels veulent toucher des publics plus jeunes, qui privilégient les réseaux sociaux, où les influenceurs jouent le rôle d’intermédiaires, pour se tenir informés. S’installer sur YouTube revient à rejoindre ces spectateurs chez eux plutôt que d’attendre leur retour vers les canaux historiques.
Cette stratégie a un revers. Toujours selon l’article, beaucoup d’acteurs dénoncent des distorsions de concurrence liées à la présence des médias sur la plateforme. Le quotidien ne détaille pas, dans la partie accessible, la nature de ces distorsions.
Le titre même de l’article du Figaro évoque des « scores époustouflants » obtenus sur YouTube. L’expression souligne l’attrait que la plateforme exerce sur les groupes de presse, de radio et de télévision à la recherche d’un nouveau public, mais elle n’est pas assortie de chiffres dans le passage consulté.
Photo : Cliff Booth / Pexels